Une gare, Les Laumes-Alésia

Qui n'a pas entendu cette exclamation "Les Laumes-Alésia, cinq minutes d'arrêt !"

Ces deux noms font référence à la création du tracé de chemin de fer qui lors de sa construction, a été à l'origine de trouvailles importantes et de l'ouverture des fouilles au 19ème siècle sous l'égide de l'empereur Napoléon III.

En 1907, le conseil municipal d'Alise-Sainte-Reine demande que la gare des Laumes porte désormais le nom de "Les Laumes-Alésia" considérant que "depuis l'ouverture des fouilles sur le Mont Auxois, le nombre de visiteurs est considérable et qu'en raison du développement qu'elles prennent, ce nombre ne peut qu'augmenter."

Des années 20 à la libération : de la vapeur à l'électricité

Durant les années 1919 et 1920, le dépôt des Laumes, établissement situé sur le territoire d'Alise-Sainte-Reine comportait une demi-rotonde en béton. Il comprenait à cette époque 30 voies couvertes et un parc de remisage découvert pouvant recevoir 30 locomotives.

Cet établissement embauchait 450 agents dont 150 pour la conduite des engins moteurs, 140 ouvriers pour l'entretien et autant de manoeuvres. Ce dépôt comptera jusqu'à 95 locomotives à vapeur.

Son origine est liée à la basse altitude à laquelle se situent les Laumes. En effet, au départ des Laumes, l'altitude n'est que de 238, 70 m. Quand le train se dirige vers la commune de Blaisy-Bas, la voie ferrée doit monter jusqu'à 404,90m, altitude maximale atteinte à l'entrée du tunnel. Puis ensuite, le tracé redescend sur Dijon. Or, pendant près d'un siècle, cette fameuse "rampe de blaisy" a constitué un véritable bouchon qui s'opposait à l'augmentation du tonnage des trains et à l'accroissement des vitesses.

Ce handicap conduisait à prévoir des machines de renfort pour la plupart des trains de marchandises. La situation devenant de plus en plus difficile à mesure que le trafic se développait, la compagnie de chemin de fer de l'époque, la PLM dut prendre une décision. Elle décida donc peu après la fin de la première guerre mondiale de construire au pied de la rampe, côté Paris, un dépôt spécialement équipé pour faire face à ces contraintes.

C'est ainsi qu'a été construit le dépôt des Laumes sur le territoire de la commune d'Alise-Sainte-Reine.

Gare EIV Dépôt en construction

Mais ce dernier va connaître bien des rebondissements. Dans la nuit du 29 au 30 juillet 1944, les avions alliés vont bombarder un train allemand de munitions. La gare et la section équipement sont endommagées. Au dépôt, les bureaux sont détériorés.

Le 31 juillet 1944, les soldats allemands envahissent le dépôt, les cheminots allemands font évacuer le personnel. Ils quittent le dépôt le 3 septembre 1944, il sera miné, détruit. L'établissement est sinistré à 60% de son potentiel d'avant guerre. La rotonde proprement dite n'a pas été touchée. Les bureaux, les foyers des mécaniciens et chauffeurs, le centre d'apprentissage sont encore debout.

Après la libération, une renaissance et des transformations importantes

Les cheminots ont déblayé les ruines et ont rétabli l'eau et l'électricité. Les locomotives ont repris leur place dans le dépôt mais l'âge de la vapeur va laisser la place à l'électricité.

Déjà, le projet d'électrification de Paris-Lyon avait grandi dans les esprits avant la guerre et pendant l'occupation afin de convertir le dépôt des Laumes en un atelier de réparation du matériel de signalisation.

Ainsi, le 12 février 1951, il fut décidé de transférer aux Laumes, un atelier de réparation de matériel mécanique et une école spécialisée, situés alors à Gannat dans le département de l'Allier. Il est devenu un atelier-école pouvant accueillir une soixantaine d'élèves.

En 1972, la régionalisation a modifié les structures. L'école disparaît et un atelier-magasin est mis en place;

Durant les années 80, l'effectif s'est développé, passant de 158 à 245 agents.

Le 28 mai 1999, l'atelier-magasin des Laumes devient un établissement industriel d'équipement.A cette même occasion, l'EIV reçoit officiellement l'Attestation Qualité Ferroviaire Equipement.

Le 1er janvier 2009, les EIV des Laumes et de Saulon se regroupent pour devenir EIV Bourgogne, site industriel d'infra rail, dont la notoriété n'est plus à démontrer.

Aujoud'hui encore, une grande partie des emplois occupés se situe sur le territoire de la commune d'Alise-Sainte-Reine.

Remerciement à Madame Nicole SIMON et Monsieur Emmanuel GILI, qui grâce aux archives, nous ont permis de retracer l'historique très riche du dépôt SNCF.

Sophie CORDIN-FRUALDO.

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