Chantier école et sanctuaires à Alésia

Presque vingt ans après sa création, le chantier-école de l’Université de Bourgogne à Alésia, continue à former une trentaine d’étudiants par an aux techniques de l ‘Archéologie. Au fil des ans, le chantier s’est déplacé d’un site à l’autre sur le Mont Auxois, selon les différentes opérations archéologiques.

Depuis 2008, il s’inscrit dans le programme « Sanctuaires d’Alésia » dirigé par Olivier de Cazanove, professeur d’archéologie romaine à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ce programme de recherche a pour objectif de faire l’état de la question sur les sanctuaires d’Alésia, à partir de la documentation ancienne, de prospections électromagnétiques, mais surtout en organisant de nouvelles campagnes de fouilles sur les principaux sites religieux de la ville gallo-romaine.

Pour réaliser cet ambitieux programme, Olivier de Cazanove s’est entouré d’une équipe pluridisciplinaire nombreuse, avec la collaboration de responsables de secteur, de spécialistes, d’étudiants de différentes universités et d’une équipe italienne de l’Université de Basilicate à Matera, conduite par le professeur Massimo OsannaLe financement de l’opération est assuré principalement par une subvention de la DRAC de Bourgogne et par une participation de l’UFR Sciences Humaines de l’Université de Bourgogne.

Vue aérienne de la fouille du sanctuaire d’Apollon Moritasgus. Photo ballon T. Clarté.Vue aérienne de la fouille du sanctuaire d’En Surelot. Photo ballon T. Clarté.

Vue aérienne chantier Alésia 2

Reprise en 2008, soit pratiquement un siècle après Emile Espérandieu, la fouille du sanctuaire d’Apollon Moritasgus à la Croix Saint-Charles a considérablement renouvelé notre connaissance de ce secteur. Ce vaste complexe architectural à la périphérie de la ville était implanté à l’endroit où coulent les sources, à la limite du banc rocheux calcaire et des marnes imperméables.

Le sanctuaire s’implante dès l’époque gauloise (vers 150-125 av J.-C.) avec un enclos délimité par un fossé, rempli par les restes des banquets liés aux sacrifices : amphores, ossements d’animaux. C’est un des grands apports des nouvelles fouilles d’avoir mis en évidence les niveaux gaulois du sanctuaire. Cette première phase est recouverte par une voie en cailloutis en bordure du sanctuaire et d’un ensemble de bâtiments. Un temple octogonal, fondé sur une canalisation profonde qui capte une des sources du talus, est construit au milieu du Ier siècle après J.C. L’eau continue à parcourir le site dans des canalisations profondes, alimentant des bains aujourd’hui cachés sous le petit bois, un bassin carré. La parure architecturale du sanctuaire s’enrichit d’un long portique de 43m. et un peu plus tard d’une fontaine monumentale avec une vasque où jaillissait l’eau au pied d’une déesse (sans doute Sirona). De nombreux ex-voto ont été mis au jour : plaquettes d’yeux en bronze mais aussi plus rares, des ex-voto anatomiques en pierres dont un enfant emmailloté.

Le sanctuaire d’En Surelot, a été dégagé mettant en évidence un temple entouré d’un portique.

Fabienne Creuzenet -Ingénieure d’études en archéologie, Université de Bourgogne